Présentation

La Magie des «ONDES»

On peut dire que les ondes sont véritablement magiques de part l’étendue de leurs possibilités musicales. Cet instrument quasi-universel permet à la fois de faire des bruitages et de reproduire le timbre de nombreux instruments mais avec des possibilités supplémentaires comme nous l’expliquerons plus loin (vibrato par exemple).

Inventé par Maurice MARTENOT en 1928, c’est le premier instrument qui fonctionne à l’électricité : jusqu’à aujourd’hui, il a régulièrement évolué avec les progrès de la technologie. Créé spécialement pour la sonorisation des films, sa naissance révolutionne le monde du cinéma ; ce seul instrument peut répondre à tous les besoins sonores d’un film : bruitages et mélodies. A l’origine, il sert à exprimer les sons de la nature ( le vent, la mer ), puis les cris d’animaux comme par exemple ceux des mouettes, des autres oiseaux, des dauphins, du loup, les sifflements, les pleurs, également le galop des chevaux, les bruits de notre environnement comme les résonances métalliques de notre société industrielle, toutes sortes de sirènes comme celle des pompiers, une locomotive à vapeur qui démarre puis se lance peu à peu pour obtenir un rythme régulier.

Instrument idéal pour exprimer l’angoisse et le suspense des musiques de films de surnaturel (fantômes, magie, …), de films policiers, de westerns, où les ondes sont très employées, il nous transporte , grâce à des sonorités fluides et gracieuses, dans les profondeurs des océans comme dans le « Monde du silence » de J.Y. Cousteau.
Elles peuvent aussi suggérer d’autres univers : un pays, un lieu, un paysage, une personne, un trait de caractère, un souvenir, ce qui en fait aussi un très bon instrument de mise en scène sonore pour la radio et les dessins animés (Qui n’a pas en mémoire la glissade sonore de la chute d’un personnage ou le son aigu tournant de quelqu’un qui s’évanouit? ).

Une autre caractéristique de cet instrument réside dans la modification instantanée des sons, même au cours d’une exécution musicale. Ainsi peut-on se transporter immédiatement d’une scène maritime avec le son des mouettes au-dessus de la mer au galop des chevaux dans un western ou au démarrage d’une locomotive à vapeur.
Par ailleurs, cet instrument, en dehors de bruitages, a de grandes possibilités orchestrales : il peut passer du son de la flûte à ceux de la contrebasse, du tambour et du métallisé du gong ou mélanger l’ensemble.

Instrument complet et très pédagogique, il regroupe les qualités et spécificités des autres instruments :il a l’étendue sonore du piano, la possibilité de faire entendre des glissades comme l’orchestre à cordes, il s’accorde et se désaccorde, la souplesse et l’expressivité de la voix dans l’enchaînement des sons, l’intimité de la guitare et la puissance des cuivres, l’attaque sèche de la percussion, l’attaque imperceptible d’une sirène, la résonance d’une grotte et les résonances métalliques des gongs quels qu’ils soient . Il peut bien entendu exprimer les traditions musicales du monde entier. Toutes ces qualités sonores découlent de ses deux modes d’utilisation : le premier, la bague, développe la technique des instruments à cordes et le second, le clavier, outre la technique qui lui est propre, offre la possibilité unique du vibrato ( vibration plus ou moins ample de l’intonation ).

Cet instrument au son kaléidoscopique a une force d’évocation insoupçonnable.
Christine ROHAN

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